• L'histoire d'un fail

    Sois belle et ne fais pas d'enfantHier je t'ai parlé de mes chevilles, Bertille.
    Tu me vénères depuis, car tu as enfin découvert une nana qui n'hésite pas à claironner comment qu'elle est contente d'elle (et en plus sur le sujet de la maternité).

    En vrai, je sais que :
    - Soit tu n'as pas de bébé du tout (ou t'as oublié que t'en avais eu un jour) : t'as pas lu. Et je ne t'en veux pas, j'aurais fait pareil.
    - Soit tu as un bébé dans le bide mais pas dehors encore : tu as lu et tu t'es dit que faire un article sur de telles évidences était trop niais.
    - Soit tu as un bébé de moins de un an et tu me hais. Parce que toi tu en chies maintenant. Je compatis. Vraiment.
    - Soit tu as beaucoup de bébés et tu n'as pas le temps de traîner sur internet.

    Il va pas me rester beaucoup de lecteurs à ce train-là. Donc aujourd'hui c'est l'histoire d'un fail. Accroche-toi à ton Grany, tu vas peut-être te marrer.

    A l'époque, j'étais jeune (l'âge moyen de la maternité quoi), belle (2,5 mois après avoir accouché), au top (je rentrais dans mes leggings de grossesse), car j'avais repris le sport (chez ma kiné). Mon mec à moi m'a donc pris par la taille a levé son regard cerné à 8h (il avait fait la grasse matinée) un dimanche matin ensoleillé et m'a susurré à l'oreille a gueulé plus fort que ma fille :
    - Et si on allait à Genève aujourd'hui ?

    Nous avons donc sauté dans la voiture en souriant et nous sommes partis.

    Nous avons donc préparé le sac de voyage de la puce :

    • 5 couches
    • 1 paquet de lingette
    • 3 biberons
    • de l'eau
    • du lait en poudre et sa dosette
    • du lait maternel réfrigéré
    • 2 bavoirs
    • 2 bodies
    • 1 T-shirt
    • 1 pull
    • 1 salopette
    • 1 paire de chaussettes
    • 1 paire de chaussons
    • 1 peluche
    • 1 anneau de dentition
    • 1 poussette avec sa chancelière
    • 1 dispositif de portage
    • une couverture

    préparé la puce :

    • 1 couche propre
    • 1 paire de chaussons
    • 1 gros manteau

    préparé la mère :

    • une jolie robe enfilée sur les leggings un tire lait rechargé
    • du mascara pour les retouches 2 biberons + téterelles propres
    • des lingettes démaquillantes au cas où un soutif qui s'ouvre

    Ouais. Ma gamine à moi elle ne se branchait pas sur mes seins. Premier gros fail.

    Le temps qu'on prépare les sacs avec la mini en portage, elle s'était endormie. On a donc attendu qu'elle se réveille. Après, on est partis. Avec un grand sourire. On en avait pour 1h07 de route.

    En fait, non. Quand on a mis la puce dans son siège auto, elle a commencé à hurler. Normal. On a eu le sourire pendant environ 27 secondes, puis après on a commencé à pleurer (en fait non : tu connais peut-être les étapes : déni, colère, acceptation, etc). 20 minutes après, nous étions arrêtés à la première aire d'autoroute.

    Il était déjà 11h. Comme je tirais mon lait 4 fois par jour, ça me semblait opportun de profiter de l'arrêt pour me vider les nichons.* Mon mec à moi a trouvé l'idée fabuleuse, mais pas dans la voiture s'il te plaît. Moi j'étais prête à dérouler ma couverture en pare-nichons, à l'abri du routier mal-intentionné, et à ponctionner la bouffe de la morphale. T'as compris pourquoi j'avais emporté une couverture, maintenant.

    Mais mon mec à moi a toujours le dernier mot. Il est donc resté à faire des photos de la tronche de notre hurleuse (soudain très souriante) dans la voiture au soleil d'hiver, pendant que moi j'allais, penaude et rasant les murs, emmener mon usine à gaz planquée dans un sac à la station service.

    J'ai trouvé les toilettes. Premier problème. Où poser mon derrière ? Bon, posée sur mon manteau, sur la cuvette fermée, ça peut le faire. Ensuite, où poser le tire-lait ? Par par terre pardi, c'est dégueulasse... Sur les genoux alors. Comme je suis petite, fallait que je me mette sur la pointe des pieds pour que le machin ne dégringole pas. Check. Ensuite, dégainer les 2 biberons et les téterelles, visser, emboîter, se désaper, le tout sans qu'aucun ustensile ne touche les murs ni le sol. Se brancher. Penser qu'on en a pour un bon quart d'heure. Soupirer.

    Et là, le drame. Les gentilles agentes de ménages ont entrepris de nettoyer toutes les toilettes. Les portes claquent, ça gueule.

    - "Josette, passe moi l'Ajax!!"

    - "T'aurais pas vu ma serpillière?"

    - "Attends bouge pas je vais passer la shampouineuse-qui-fait-un-boucan-d'enfer, ça va déloger la sangsue de la chiotte dont je vois les pieds là"

    - "Pourquoi elle est sur la pointe des pieds??? On peut pas faire caca sur la pointe des pieds, si ?"

    Les 2 dernières, c'est mon cerveau qui a disjoncté. Elles l'ont pensé tellement fort que je me suis sentie visée.

    Inutile de te dire que le résultat de l'extraction de 11h était très, très loin de nourrir un quart de ma môme. Mes seins aiment l'intimité pour produire. Tu comprends maintenant pourquoi 3 biberons, la flotte et le lait en poudre.

    On est repartis. Fallait bien aller le voir, ce putain de lac, non?

    Le début de la balade s'annonçait sublime. Le lac, le soleil. Ma môme en portage, collée d'amour. On avait le soleil dans le dos, c'était une petite chaleur parfaite.

    Pendant 27 secondes. Après, elle a hurlé. Elle avait le soleil dans les yeux. Mais marcher le long d'un lac, c'est marcher soit dans une direction (le soleil dans la tronche mais dans mon dos), soit dans l'autre (un grillage qui marquait la fin du chemin). Cherche pas de solutions, merci, j'ai déjà essayé de mettre le pare-soleil du portage à la môme, elle hurlait aussi.

    On a choisi. On est rentrés à la voiture. On a mis la puce dans la poussette. Tu comprends maintenant pourquoi la poussette. Parce que dans la poussette-canne, le bébé regarde vers l'avant. Donc il a pas le soleil dans la tronche, mais dans le dos.

    On a eu 30mn de balade tranquille. Parfaite.

    Puis elle s'est remis à hurler. On lui a fait un biberon. Mais il était trop froid pour elle. Rien n'allait, de toute façon. Alors on a choisi de rentrer, mais dans l'autre sens, dans la poussette, elle avait le soleil dans les yeux. On a essayé le portage. Elle a hurlé.

    On a choisi. J'allais retourner chercher la voiture à 30mn à pied. Et on allait rentrer. J'ai marché 10 minutes avec le soleil dans les yeux et là j'ai réalisé que je n'avais pas les clés de la voiture. J'ai appelé mon mec à moi. Qui n'a pas répondu. Sur aucun de ses téléphones. J'ai perdu 20 minutes à le retrouver car il avait continuer à se balader...

    Là, on est au-delà de la résignation, hein, tu comprends. Tu es en état de zénitude forcée, si tu vois ce que je veux dire. C'est limite si tu n'es pas à la fois la caméra cachée et toi-même. Tu ricanes tout seul et tu espères que tu vas gagner un prix à VideoGag.

    On est rentrés à pied, ensemble, la petite dans les bras de son père, moi portant le dispositif de portage et poussant la poussette vide. Elle s'est endormie dans nos bras. On est rentrés chez nous.

    8h de parcours du combattant pour 30mn de balade.

    T'avais quà pas grimper là-haut

    On s'en rappelera...

    * Je t'ai précisé nulle part que notre excursion serait romantique.

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