• La peur de la douleur de l'accouchement

    Cet article est le petit frère de l'article paru sur les vendredis intellos : Douleur et accouchement

    Enceinte, j'étais très angoissée à l'idée d'accoucher. J'ai annoncé à mon conjoint, enceinte de 4 mois et demi, que le bébé ferait ce qu'il voudrait, mais qu'il ne sortirait pas sa grosse tête de mon vagin.

    Ce ne sont pas les copines qui m'ont rassurée : "t'auras pas le choix ma cocotte".

    L'angoisse, pour moi, c'était l'angoisse de la douleur, de l'atteinte physique, de l'inconnu.

    J'ai beaucoup lu (et je vous conseille le livre de Maïtié Trélaun, ou celui d'Isabelle Brabant), j'ai beaucoup discuté, et je n'ai pas effacé ma peur. Elle a été renforcée par les accouchements de copines qui m'ont raconté. Et par les copines qui ne m'ont rien raconté.

    Mais en fait, l'élément principal, est-ce vraiment la douleur ou l'inconnu ? Ou plutôt cette peur qui vous mine, rythmée par l'évènement qui se rapproche (mais sans date précise, qui peut se déclencher la nuit, le plus souvent, ce qui contribue à l'angoisse)

    La peur de la douleur de l'accouchement

    La peur est une réaction du cerveau devant l'inconnu, devant un danger, une menace. Une peur prolongée ou répétée entraîne un sentiment d'angoisse. L'anxiété est le résultat de menaces perçues comme étant incontrôlables ou inévitables.

    Physiologiquement, elle ne vous aidera pas le jour J. Et là, je me mets à votre place : vous avez peur, vous savez que cela vous compliquera l'accouchement, donc vous avez encore plus peur. Cercle vicieux.

    Je sais que ça ne sert à rien de vous dire qu'il ne faut pas avoir peur. Qu'un accouchement, ce n'est rien, qu'on ne sent rien si on ne veut rien sentir. Je n'ai cessé d'avoir peur qu'après. Et j'aurais certainement peur avant un 2ème accouchement.

    Alors, ne tardez pas :

    - Cherchez pourquoi, de quoi, vous avez peur ? Lisez, écoutez votre ressenti, notez les phrases, les mots, les liens qui se forment dans votre esprit. Creusez, allez préciser l'origine de votre peur. Isolez là.

    - Informez-vous en particulier sur ce(s) sujet(s) précis. Ne cherchez pas les sources d'information qui n'en sont pas, comme la copine qui a eu le pire accouchement, mais rationalisez : interrogez en plusieurs, sur ce point précis, sur ces choses qui vous angoissent, lisez, parlez-en à votre sage-femme, à votre gynéco, à votre mère.

    - Apprenez des techniques de relaxation mentale. Construisez un schéma où l'évènement tant redouté n'arrive pas. Imaginez l'avant, le contournement de ce qui vous stresse, et l'après. Revivez-le.

    Je vous le dis tout de suite, si vous êtes enceinte, il y a de très fortes chances que vous accouchiez. Mais vous ne tournerez peut-être pas de l'oeil en voyant l'aiguille. Et dites vous que vous aurez quelque chose à faire pendant l'accouchement. Vous ne subirez pas, à moins de le vouloir. Souffrir 5 minutes est beaucoup plus facile que d'attendre 3 mois que la souffrance arrive.

    - Faites l'autruche. Si la peur est toujours là, que l'angoisse prend le dessus, partez au cinéma, lisez un Exbrayat, regardez l'amour est dans le pré en replay, videz-vous la tête. Vous retravaillerez l'angoisse demain. A chaque jour suffit sa peine.

    « Mon éthique de la gestation pour autrui

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