• Les maths ont-elles un sens?

    Les maths ont-elles un sens?Complément de l'article paru sur les vendredis intellos : Les maths sur le bout de la langue

    J'ai eu la chance de donner des cours particulier de maths à un élève de 12-13 ans, un été. Un élève en difficulté qui avait évité de justesse de le redoublement à cause de ses notes en maths. 

    Je m'attendais à un enfant plus créatif que logique. Pas du tout. Je l'ai trouvé brillant. J'ai repris ses interrogations de l'année écoulée (bourrées d'erreur), on les a retravaillées ensemble. En fait, il était trop rapide, répondait à l'instinct, et surtout aucune des questions posées n'avait de sens pour lui.

    Déjà, ce gosse aurait préféré passer une heure dehors sur son vélo que dans sa chambre à faire des maths. Ma première surprise a été de découvrir qu'il aimait les maths.

    Cette matière avait failli le faire redoubler, sa mère n'était pas ravie, il se sentait nul. Mais il aimait ça, au point d'apprécier chaque heure passée avec moi sur ses cahiers de l'année écoulée.

    En particulier, il n'avait jamais répondu correctement au fameux "a/b=c/d. Que vaut c ?"

    De mon côté, j'ai fait maths sups, mais j'ai mis un an à comprendre comment chercher les zéros d'une équation du second degré. Tout simplement parce que la méthode utilisée en seconde était : "pas de méthode". Comment voulez-vous que je comprenne qu'il fallait chercher au pif?

    Une fois qu'on m'a expliqué le fameux Delta = racine de machin, ça allait beaucoup mieux. Bref. Je n'ai jamais eu l'impression que ce garçon était idiot ou méritait un redoublement.

    Je ne suis pas prof. Je ne suis pas pédagogue. J'avais 19 ans. Alors j'ai appliqué les techniques de bases de mon instituteur de primaire.

    Tu aimes les pommes ? bof ? Alors parlons de cerises.

    Une cerise dans le panier, 3 sur l'arbre, combien au total? Bon, ça, c'est acquis. Ca le faisait marrer.

    "Le chat du voisin" = 2. Que vaut "Le chat du voisin"? Bah, 2 ! Fastoche.

    1 / x = 0,5 cerise. Que vaut x ? Je sais pas, me dit-il, angoissé.

    Tu découpes une cerise en combien pour faire une moitié de cerise ? Bah, 2, dit-il en rigolant.

    Alors : 1/(tu divises par combien?) = 1/2 cerise ? Bah 2, dit-il.

    C'est un peu longuet, d'écrire "tu divises par combien", non ? Oui, me dit-il. Mets x à la place. Ca vaut combien x ?

    Et ainsi de suite...

    Je n'ai fait que lui traduire les maths en français, cet été là. Il n'avait pas besoin d'aide, il avait besoin de sens. Et de comprendre aussi l'utilité de l'abstraction.

    Les maths ont-elles un sens?

     

    Autant dire que je suis convaincue par Stella Barruk.

     

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